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Tout sur les bouchonsen collaboration avec Christine Leroux, oenologue Deuxième partieLe roi Liège. La demande internationale pour les bouchons de liège ne cesse d'augmenter. On retrouve donc sur le marché toutes sortes de qualité à toutes sortes de prix. La technologie ayant beaucoup progressée au cours des 10 dernières années, il est maintenant possible d'évaluer la qualité d'un bouchon à l'aide de valeurs expérimentales mesurables en laboratoire et même dans le chai. Cependant, les meilleures garanties de qualité sont encore l'aspect visuel du bouchon ainsi que l'expérience de l'acheteur. Pourquoi, alors, ne pas privilégier un autre matériau d'obturation? C'est que, malgré la relative rareté de cette ressource naturelle, le liège possède des particularités uniques. Il ne faut pas oublier, non plus, que l'amateur de vin aime bien le côté "poétique" du liège. Les matériaux de remplacement, outre qu'ils ne sont pas aussi efficaces que le liège, ne conviennent pas aux yeux des amateurs pour les vins d'un certain prestige. Le liège, une substance inerte, a la particularité de tendre à regagner sa forme originale après avoir été compressé. Cette propriété, appelée le "retour élastique", caractérise le "bon" bouchon et témoigne de son étanchéité. Mais on cherche aussi à obtenir un produit au moindre coût possible. Eh oui, le facteur prix joue là aussi. Dans certains cas, un bouchon d'excellente qualité peut coûter jusqu'à cinq fois plus cher que son homologue bas de gamme. Différentes sortes de bouchons Les bouchons de liège naturel varient sur le plan qualitatif (7 catégories), mais aussi en ce qui a trait à leurs dimensions. En règle générale, les longueurs s'établissent à 28, 38, 45, 49 ou 54 mm; pour sa part, le diamètre courant est de 24 mm. Celui-ci peut cependant varier, selon le type de vin : 25 ou 26 mm pour les vins pétillants et 31 mm pour les mousseux comme le champagne. Par ailleurs, plus le vin est destiné à une longue garde, plus son bouchon sera long. La longueur joue cependant très peu sur l'étanchéité, car le goulot s'élargit en descendant. C'est dire que le diamètre minimum de serrage est obtenu dans les 20 premiers millimètres. Le diamètre du bouchon et son élasticité jouent donc un rôle plus important au chapitre de l'étanchéité. On observe des différences de qualité dans les bouchons agglomérés, selon le mode de fabrication, la force et le sens de compression, le type de colle utilisé et la taille des granulés. Plus les granulés d'un bouchon aggloméré sont gros et plus la proportion de colle est faible, plus celui-ci sera élastique. Le liège aggloméré est avantageux par rapport au liège naturel, grâce à sa structure continue sans lenticelles, à sa reproductibilité et au fait qu'il permet le recyclage des retailles. Il permet aussi de produire des lots de bouchons très homogènes Par nature dense et compact, le bouchon aggloméré peut toutefois être difficile à comprimer lors du bouchonnage et donc ardu à extraire, lors de l'ouverture de la bouteille. Pour compenser cet inconvénient, le diamètre des bouchons agglomérés est donc légèrement inférieur - 23 mm - à celui du bouchon standard de liège naturel. Les bouchons agglomérés sont par contre, de manière générale, disponibles dans les mêmes longueurs que les bouchons naturels. Il est possible de combiner les avantages du bouchon aggloméré avec ceux du bouchon en liège naturel. En témoigne, le bouchon multi-pièces comme, par exemple, le bouchon de Champagne. Il s'agit, en l'occurrence, d'un bouchon aggloméré dont l'une ou les deux extrémités sont constituées de rondelles de liège naturel. Dans le cas du bouchon de Champagne, le diamètre du bouchon est beaucoup plus gros (31 mm) et la partie en contact avec le vin (à la base) possède deux rondelles de liège naturel. Les rondelles sont fabriquées de la même façon que les bouchons en liège naturel, sauf qu'elles font 6 à 8 mm d'épaisseur et sont découpées dans le sens de l'épaisseur de la planche, parallèlement aux lenticelles. La colle utilisée le plus souvent est à base de caséine. On procède de la même façon pour les bouchons destinés aux vins tranquilles, si ce n'est qu'on retrouve une rondelle à chaque extrémité et que le diamètre s'établit à 23 mm - tout comme pour le bouchon 100% aggloméré. Le "Futura" et le "GDA 1+1" sont de bons exemples de bouchon multi-pièces. On retrouve aussi sur le marché le bouchon monté, constitué d'un morceau de liège fixé sur une rondelle de plastique. Peu étanche, il sert surtout à boucher les vins fortifiés, les liqueurs et certains alcools. Ces bouchons conviennent donc à des boissons ne s'améliorant pas en bouteille et dont la consommation s'étale sur une longue période de temps. Au moment de choisir vos bouchons, il est important de vous demander à quel type de vin ils sont destinés : vin de garde, de consommation rapide, appelé à être transporté, etc. Pour le vin assez corsé qui bénéficie d'un séjour prolongé en bouteille, un bouchon de qualité d'une longueur d'au moins 38 mm, est tout indiqué. Par contre, le vin à boire dans l'année s'accommodera sans problème d'un bon bouchon aggloméré. Le bouchon multi-pièces présente quant à lui autant d'avantages sinon plus, que le bouchon de liège naturel. Il pourrait donc remplacer ce dernier dans bien des cas. Malgré le dynamisme du marché, les bouchonniers ont la vie dure, par les temps qui courent. La pression économique et la concurrence sont telles que les qualités retrouvées sur le marché sont très diversifiées, et à des prix très variés. Un jour sûrement, la technologie nous donnera une matière équivalente au liège. Mais d'ici là, le noble matériau reste notre meilleur choix. Références : 1. RIBOULET et ALEGOET, Aspects pratiques du bouchonnage des vins, collection Avenir Oenologie, Bourgogne-Publications s.a.r.l., 1986. 2. ROBINSON J., The Oxford Companion to Wine, Oxford University Press, 1994, p.287-288 3. Fédération nationale des syndicats du liège, La Charte des Bouchonniers-Liègeurs, 1989. Retour aux articles sur le vin
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