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Les bières d'abbayesOra et labora... la prière et le travail. Si l'on devait résumer la règle de Saint Benoît, gouvernant les activités des moines d'hier et d'aujourd'hui, nous le ferions avec ces deux simples mots. Et tant mieux pour nous, du reste, si ce travail a permis l'élaboration de véritables petites merveilles aujourd'hui connues sous le vocable de bières d'abbayes. Elles sont nées, ces bières, non seulement de la nécessité mais aussi de la capacité qu'avaient les moines de s'adapter au climat, à l'agriculture et aussi, il faut le dire, aux habitudes de vie de leurs concitoyens, belges et allemands pour la plupart. Les moines vivaient du fruit de la terre, et comme il était bien vu, au Moyen Âge, qu'un noble offre ses meilleures terres au clergé, les bons frères disposaient des meilleurs ingrédients pour brasser. Ils y mettaient aussi le temps, qu'ils avaient en abondance, et s'échangeaient dans le plus grand secret les méthodes d'élaboration des levures dont ils se servaient. Ils vendaient ensuite le fruit de leur labeur - en partie du moins - aux gens de l'entourage et aux pèlerins qui gîtaient à l'auberge. Le reste de la production allait nourrir leur corps autant que leur âme : on leur accordait de un à deux litres par jour de cette boisson divine. Disons aussi que cette bière dont ils se réservaient l'usage était la prima melior, la plus savoureuse et la plus alcoolisée parmi celles qu'ils élaboraient. L'histoire de la bière dite d'abbaye (prononcer abéi) est passionnante. Il est dommage que nous ne puissions, pour cause d'espace, y plonger plus goulûment. Retenons cependant que cette classification appelle certaines précisions. En effet, les seules bières aujourd'hui en vente dont on est absolument certain qu'elles sont brassées par des moines portent l'appellation trappiste, qui garantit que la bière est de fabrication monacale (par des moines, dans un monastère, et suivant la tradition et les recettes des moines). De nos jours, il ne reste plus que six abbayes trappistes où l'on fabrique encore de la bière ; Chimay et Orval, situées en Belgique, sont les plus connues. Les autres bières commercialisées et classées bières d'abbayes - par exemple la Leffe, la Grimbergen ou la Maredsous - sont d'ordinaire fabriquées par de grosses brasseries à partir de recettes que leur ont vendues certaines abbayes qui ne s'adonnent plus au brassage, ou aujourd'hui disparues. D'autres brasseries font même sans vergogne référence à des monastères fictifs, simplement pour donner plus de crédibilité à leur produit et consolider leur stratégie commerciale. Ces bières peuvent être brunes, rousses ou blondes ; leur taux d'alcool est généralement élevé (près de 8 %, parfois plus) ; elles sont toutes de fermentation haute, habituellement refermentées en bouteilles et surtout, élaborées avec le plus grand soin. Voilà peut-être peu de choses, en fait de traits communs, mais il importe de se rappeler que lorsqu'on parle de bières d'abbayes, on ne décrit pas tant un type de bière qu'une des plus grandes traditions qui soit, nourrie par un esprit de convivialité et d'hospitalité. Personne n'y trouvera à redire, et surtout pas votre marchand VINEXPERT, qui peut vous indiquer comment vous inspirer de ces traditions séculaires pour brasser, à la maison, ce type de bière qui saura vous tenir au chaud tout l'hiver !
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